Le projet
Projet SEPTENTRIONEST : autonomisation économique des régions du Septentrion et de l’Est du Cameroun
Le Projet SEPTENTRIONEST s’impose comme une initiative stratégique axée sur l’autonomisation économique des femmes et la rupture progressive du cycle de l’économie informelle. Conçu pour transformer les dynamiques économiques régionales, le projet apporte une réponse concrète aux défis de précarité auxquels font face les femmes entrepreneures formelles et informelles.
Du projet pilote au passage à l’échelle (2022–2029)
L’histoire du Projet SEPTENTRIONEST s’articule autour de deux grandes phases d’intervention. Entre 2022 et 2025, une phase pilote financée sur fonds propres de l’État a permis d’accompagner activement 300 femmes entrepreneures et de mener une étude sur la situation de référence auprès d’un échantillon de 600 femmes, posant ainsi les bases empiriques du dispositif.
Fort des enseignements tirés de cette phase initiale, le projet entame sa phase d’amplification pour la période 2026–2029. Ce passage à l’échelle est concrétisé par la signature de la convention de subvention CCM 1870 01 P avec l’Agence Française de Développement (AFD), apportant un financement complémentaire de 5 millions d’euros. Grâce à cette enveloppe, le Projet SEPTENTRIONEST fixe un objectif macro ambitieux visant à impacter durablement 1 500 femmes entrepreneurs. L’enjeu central est de rompre le cercle de l’informel en offrant aux bénéficiaires des leviers d’émancipation financière et d’autonomie durable.
Un ancrage stratégique national et international
L’architecture du projet repose sur une convergence étroite avec les grandes orientations politiques et les agendas de développement nationaux et internationaux.
Au niveau national, le Projet SEPTENTRIONEST s’aligne directement sur les priorités du Gouvernement définies dans la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030 (SND30). Il contribue de manière spécifique à trois des quatre piliers de cette stratégie nationale, à savoir la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain et du bien-être, ainsi que la promotion de l’emploi et de l’insertion économique.
À l’échelle internationale, l’ambition du projet résonne avec l’Objectif de Développement Durable n° 5 (ODD 5) des Nations Unies, axé sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et filles. Il s’inscrit également en parfaite conformité avec l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, qui préconise un modèle de développement tiré par les populations et adossé au potentiel de la jeunesse et des femmes.
Une réponse adaptée aux enjeux territoriaux et humains
La valeur ajoutée du Projet SEPTENTRIONEST repose sur une approche ciblée qui intègre trois niveaux de lecture complémentaire.
Au niveau des bénéficiaires, le projet vise la promotion active de l’entrepreneuriat féminin afin d’aider les promotrices à dépasser le stade de l’entrepreneuriat de subsistance et l’économie de la débrouillardise. Cette transformation permet de consolider la position de la femme et de valoriser son rôle décisionnel au sein de la communauté.
Au niveau des zones d’intervention, l’action du projet se concentre sur des territoires caractérisés par de fortes fragilités. Les régions ciblées totalisent chacune moins de 4 % du nombre total d’unités économiques du pays selon le Troisième Recensement Général des Entreprises (RGE-3) et affichent des niveaux de pauvreté parmi les plus élevés du territoire. Ces zones subissent une double contrainte, associant des vulnérabilités structurelles majeures telles que la sécheresse et les inondations, à des vulnérabilités conjoncturelles denses incluant l’insécurité, l’afflux de réfugiés et les enlèvements de bétail.
Au niveau de la démarche opérationnelle, le projet déploie une méthodologie globale associant le renforcement des capacités techniques, organisationnelles et managériales des entrepreneures, ainsi qu’un appui direct à la modernisation de leurs équipements de production. Enfin, pour lever l’obstacle de l’accès aux financements, le projet introduit un mécanisme novateur de Prêt d’Honneur, appuyé par la création d’une association initiative basée à Ngaoundéré.
